2006.12.09
Hôtel de l'Univers
Elle dort. Et moi je gravite nocturne un poil éparpillé dans les Oeuvres complètes d'Arthur R., jeune poète bénit que le monde croit connaître. Le monde est toujours aussi bête. (Oui moi aussi je sais ce que c'est qu'un point.) Et je vais y aller de mon petit appareil critique ! Comment ne pas pleurer à la lecture de ce vers :
Monsieur Arthur Rimbaud,
Hôtel de l'Univers,
à Aden
Ces quelques lettres m'ont toujours ( plus profondement encore ) donné le goût de la plus grande et abyssale mélancolie, comme du miel infusé de mort, la lutte constante et les (vains?) efforts de l'enfant-Shakespeare pour s'ancré à la réalité du commerce du désert et de l'ennui. Harar Abyssinie Obock et le dictionnaire qui n'arrive jamais. Et l'argent; qui manque, et le roi Ménélik et le bosphore égyptien. Aussi les siens, loin. L'articulation pourrissante trente sept ans. Et ce vers encore :
RIMBAUD
Hopital de la Conception.
Marseille.
"Si vous vous informez à mon sujet, ne faites jamais savoir où je suis. Je crains même qu'on ne me prenne mon adresse à la poste. N'allez pas me trahir."
"Excusez moi du dérangement. Je vous remercie. je vous souhaite bonne chance et bonne santé. Ecrivez moi. Bien à vous"
"La suite au prochain numéro.
Avec tout mes souhaits.
RIMBAUD"
02:20 Publié dans Le manifeste nucléaire, maitres du monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
quelle joie de te lire à travers lui,
et cette petite photo
j'aime beaucoup rimbaud et
aussi garcia lorca,
le miel infusé de mort,
juste à peine mortel?
Ecrit par : if6 | 2006.12.10
Tout est dit.
la lutte constante et les vains efforts de l'enfant-Shakespeare pour s'ancrer à la réalité du commerce du désert et de l'ennui.
Ton petit travail sur Rimbaud et fichtrement bien ciselé.
Le cheval repart au galop, je m'en rassure.
Ecrit par : Voiker | 2006.12.12
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