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2007.04.30

Joseph Brodsky

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little boy

Le petit garçon savait bien qu'avoir raison n'était pas un genre que l'on se donnait. Mais qu'avoir raison brûlait le ventre et rendait seul.

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2007.04.25

Maison !

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Maison ronde au soleil rouge
Dans le champ de la balance
Lointaine neurone cherche synapse
Lointains cousins veulent une place

2007.04.23

la jeune fille anglaise

Le petit garçon n'était jamais réellement seul quand il était seul. Les gens qu'il croisait formaient des accords. Une promenade : une symphonie.

Un jour à l'école : une nouvelle. Magie des nouveaux ! Là les âmes écolières débordent d'elles même. Les gentils, les méchants, les timides, les intelligents, tout devient visible à qui sait y faire. Parousie du nouvel humain. Centre de trie des âmes et petit rire en coin du garçonnet  sagement tapit dans l'ombre confortable du silence et des yeux qui voient.

La jeune fille était anglaise et pleine comme un oeuf. La jeune fille allait être mère, l'enfant portait un autre enfant. La messe était dite.

Chose curieuse, cette jeune anglaise blonde et tachetée comme un léopard sonnait comme du Bartok ; et ça le petit garçon ne l'avait jamais vu.

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2007.04.22

mustang et grand poney

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noir : Un bon jour pour voter blanc, si tu veux mon avis.

blanc : merci, c'est bien gentil

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2007.04.17

Aime l'ancien comme toi même

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Nous sommes nus sous les remparts du monde

Nulle tristesse, la mélancolie reste à inventer,

Les futurs possibles ont déjà échoués,

Reste juste l'histoire des justes.

  

Comment trouverons nous la clé des songes ?

Comment taire les amours et la mort qui nous rongent ?

Dans quel possible univers,

De quel troubles sévères,

 

S'ouvriront donc nos yeux d'anges animaux

Avides de paradis calmes, vierges et déserts ?

A l'aube des aubes réelles, rares

Noires et pâles comme les matins d'éternités.

 

Entre les heures et les airs,

A l'heure où entre l'ère

des vivants, des voyants et des enfants féconds.

 

Entre les heures,

A l'heure où entre les ères

neuves du réel réellement fécondé.

 

Moi, petit cheval blanc,

J'ai la tête en flamme.

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2007.04.04

Emily Dickinson

   Je me dis : la Terre est brêve –
     L’Angoisse – absolue –
     Nombreux les meurtris,
     Et puis après ?

     Je me dis : on pourrait mourir –
     La Meilleure Vitalité
     Ne peut surpasser la Pourriture,
     Et puis après ?

     Je me dis qu’au Ciel, d’une façon
     Il y aura compensation –
     Don, d’une nouvelle équation –
     Et puis après ?
     (Cahier 20, N°301)

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     J’essayais d’imaginer Solitude pire
     Qu’aucune jamais vue –
     Une Expiation Polaire – un Présage dans l’Os
     De l’atrocement proche Mort –

     Je fouillais l’Irrécupérable
     Pour emprunter – mon Double –
     Un Réconfort Éperdu sourd

     De l’idée que Quelque Part –
     À Portée de Pensée –
     Demeure une autre Créature
     De l’Amour Céleste – oubliée –

     Je grattais à notre Paroi
     Comme On doit scruter les Murs –
     Entre un Jumeau de l’Horreur –et Soi –
     Dans des Cellules Contiguës –

     Je parvins presque à étreindre sa Main,
     Ce devint – une telle Volupté –
     Que tout comme de Lui – j’avais pitié –
     Peut-être avait-il – pitié de moi –
     (Cahier 25, N°532)

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